Comment se faire des amisDale CarnegieCouverture de « Comment se faire des amis »
LivresRésumé

Comment se faire des amis

par Dale Carnegie · 1936

Le livre en trois phrases

  1. Publié en 1936, le classique de Dale Carnegie aborde l’art de s’entendre avec les autres comme une compétence que chacun peut apprendre ; l’édition actuelle le ramène à trente principes simples.
  2. Son constat de départ : chacun se soucie d’abord de lui-même et veut se sentir important, si bien que la critique braque les gens, alors que l’intérêt sincère et l’appréciation les rallient.
  3. Les principes se répartissent en quatre parties : bien traiter les autres, se faire apprécier, les rallier à son point de vue et les amener à changer sans les froisser.

5 min de lecture · gratuit, sans compte

Couvertures : Open Library

Les idées clés de « Comment se faire des amis »

La critique ne change personne

Carnegie ouvre le livre sur la règle que l’on enfreint tous les jours : ne pas critiquer, ne pas condamner, ne pas se plaindre. La critique met l’autre sur la défensive et le pousse à se justifier ; Carnegie note que même les criminels les plus célèbres se donnent rarement tort. Elle blesse l’amour-propre et laisse une rancune qui dure bien après l’instant. Si vous voulez que quelqu’un change, c’est l’outil qui a le moins de chances d’y parvenir.

À essayer Pendant une journée, retenez chaque plainte avant de la formuler, et comptez celles que vous avez retenues.

Chacun veut se sentir important

Reprenant une idée du philosophe John Dewey, Carnegie place au centre de la nature humaine le désir d’être important. Une bonne part de ses conseils en découle : l’appréciation sincère nourrit ce désir, la critique le menace. Il sépare pourtant nettement l’appréciation de la flatterie. La première est sincère et désintéressée, la seconde creuse et calculée, et les gens la repèrent vite. Le principe ne fonctionne que si vous pensez ce que vous dites.

À essayer Dites aujourd’hui à quelqu’un ce que vous avez apprécié, précisément, dans ce qu’il a fait.

Partir de ce que veut l’autre

La troisième règle de base consiste à éveiller chez l’autre un désir ardent. L’image de Carnegie : pour pêcher, on accroche à l’hameçon ce qu’aime le poisson, pas ce qu’on aime soi-même. Chacun agit selon ses propres envies ; avant de demander quoi que ce soit, cherchez donc ce que l’autre a à y gagner et parlez-lui de cela. La même logique traverse plusieurs principes suivants, comme celui qui invite à parler de ce qui intéresse l’autre.

À essayer Avant votre prochaine demande, notez une raison pour laquelle l’autre aurait envie d’accepter.

S’intéresser aux autres plutôt que chercher à briller

Aucun des six moyens de se faire apprécier ne demande d’être brillant. S’intéresser sincèrement aux autres, sourire, retenir leur nom, les écouter et les encourager à parler d’eux, parler de ce qui les intéresse, leur faire sentir qu’ils comptent : voilà toute la liste. Pour Carnegie, l’attention que l’on porte aux autres fait bien plus pour l’amitié que tous les efforts pour les impressionner.

À essayer Dans votre prochaine conversation, posez deux questions de relance avant de parler de vous.

Personne ne sort gagnant d’une dispute

Avoir le dernier mot ne rapporte rien : l’autre se sent battu, vous en veut et campe sur sa position. La première règle de Carnegie pour convaincre est donc de fuir les disputes. Respectez l’opinion de l’autre et ne lui dites jamais tout net qu’il a tort. Et si c’est vous qui vous êtes trompé, reconnaissez-le vite et franchement : la conversation cesse aussitôt d’être un combat.

À essayer Au prochain désaccord, posez une question sur le point de vue de l’autre avant d’exposer le vôtre.

Laisser l’autre s’approprier l’idée

On tient bien plus aux conclusions auxquelles on arrive soi-même qu’à celles qu’on nous impose. Commencez donc sur un ton amical et cherchez l’accord dès le départ : chaque oui facilite le suivant, alors qu’un non prononcé trop tôt est difficile à reprendre. Laissez l’autre parler davantage, essayez honnêtement de voir la situation de son point de vue, et laissez-le sentir que l’idée vient de lui. Au travail, la même logique fait préférer les questions aux ordres.

À essayer Transformez votre prochaine consigne en question, et laissez l’autre construire la réponse.

Corriger sans humilier

Quand il s’agit de faire évoluer le comportement de quelqu’un, les principes de Carnegie protègent tous son amour-propre. Commencez par des éloges sincères, signalez les erreurs de façon indirecte, évoquez d’abord les vôtres et laissez l’autre sauver la face. Félicitez ensuite chaque progrès, même minime, et prêtez-lui une bonne réputation qu’il aura à cœur de mériter : traitez-le comme s’il avait déjà la qualité que vous espérez voir grandir.

À essayer Avant de corriger quelqu’un, citez une chose qu’il a bien faite et une erreur que vous avez commise vous-même.

Fiche mémo de « Comment se faire des amis » : les 30 principes

Les 30 principes, regroupés selon les quatre parties du livre et reformulés simplement. Les deux premières parties portent sur la relation, les deux dernières sur l’art de convaincre et de faire progresser les autres.

PartiePrincipes
Bien traiter les autres1re partie · 3 principes
  • Ne pas critiquer, ne pas condamner, ne pas se plaindre
  • Exprimer une appréciation honnête et sincère
  • Éveiller chez l’autre un désir ardent
Se faire apprécier2e partie · 6 principes
  • S’intéresser sincèrement aux autres
  • Sourire
  • Retenir le nom des gens
  • Savoir écouter et encourager l’autre à parler de lui
  • Parler de ce qui intéresse l’autre
  • Faire sentir à l’autre qu’il est important, et le penser
Rallier les autres à son point de vue3e partie · 12 principes
  • Éviter les disputes plutôt que chercher à les gagner
  • Respecter l’opinion de l’autre ; ne jamais lui dire qu’il a tort
  • Reconnaître ses torts vite et franchement
  • Commencer sur un ton amical
  • Obtenir des oui dès le début
  • Laisser l’autre parler davantage
  • Laisser l’autre sentir que l’idée vient de lui
  • Essayer honnêtement de voir les choses de son point de vue
  • Se montrer compréhensif envers ses idées et ses désirs
  • Faire appel aux motifs les plus nobles
  • Mettre ses idées en scène
  • Lancer un défi
Faire changer les autres sans les froisser4e partie · 9 principes
  • Commencer par des éloges et une appréciation sincère
  • Signaler les erreurs de façon indirecte
  • Parler de ses propres erreurs avant de critiquer
  • Poser des questions plutôt que donner des ordres
  • Laisser l’autre sauver la face
  • Féliciter chaque progrès, même le plus petit
  • Prêter à l’autre une bonne réputation à défendre
  • Encourager, et faire paraître la faute facile à corriger
  • Faire en sorte que l’autre soit content de faire ce que vous proposez

Le fil rouge : chacun agit selon ses propres désirs et son besoin de se sentir important ; partez donc de son point de vue, pas du vôtre.

Testez-vous

Se rappeler une idée l’ancre mieux que la relire. Essayez de répondre avant de regarder.

  • Quelle est la première règle de base pour bien traiter les autres ?

    Afficher la réponse

    Ne pas critiquer, ne pas condamner, ne pas se plaindre.

    La critique met l’autre sur la défensive et le pousse à se justifier plutôt qu’à changer.

  • Quel est le premier des six moyens de se faire apprécier ?

    Afficher la réponse

    S’intéresser sincèrement aux autres.

  • Quel est le seul moyen de gagner une dispute selon Carnegie ?

    Afficher la réponse

    L’éviter.

    Même quand on a raison, on ne convainc pas quelqu’un qu’on vient d’humilier.

  • Que signifie laisser l’autre « sauver la face » ?

    Afficher la réponse

    Lui laisser une sortie honorable, sans l’humilier, même quand il a tort.

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Faut-il lire « Comment se faire des amis » ?

Oui, à condition de passer outre les anecdotes datées. Les principes sont simples, tiennent toujours la route et sont bien plus difficiles à appliquer qu’il n’y paraît.

À lire si

  • vous l’emportez souvent dans les disputes mais perdez la sympathie des gens
  • vous dirigez une équipe ou avez affaire à des clients tous les jours
  • aller vers des inconnus vous demande un vrai effort

À survoler si

  • vous avez lu des livres récents sur la persuasion ou la négociation : beaucoup d’idées vous sembleront familières
  • vous voulez simplement la liste : la fiche mémo ci-dessus reprend les 30 principes

Ses limites

  • Les preuves sont anecdotiques : des histoires d’hommes d’affaires, de responsables politiques et d’élèves des cours de Carnegie, pas des études.
  • Appliquées avec cynisme, ces techniques deviennent de la manipulation ; Carnegie insiste sur la sincérité, mais le livre peut quand même se lire comme un recueil d’astuces.
  • Les exemples et le monde qu’ils décrivent ont vieilli, et fuir les disputes peut glisser vers l’évitement de tout désaccord franc.

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