par Eckhart Tolle · 1997
Le livre en trois phrases
5 min de lecture · gratuit, sans compte
Le point de départ du livre : comme la plupart des gens, vous vous identifiez sans doute au flot de pensées qui commente, juge et anticipe sans relâche. Tolle propose d’observer ce flot comme un témoin, sans le juger ni le suivre. Dès que vous remarquez une pensée, vous n’êtes plus tout à fait pris dedans, et un espace de calme s’ouvre. Le mental reste un outil précieux ; le problème commence quand l’outil devient le maître et que vous ne savez plus le poser.
À essayer Pendant une minute, écoutez vos pensées comme la radio d’un voisin, sans leur répondre.
Ce que Tolle appelle l’ego est un faux moi, né de l’identification au mental. Il se nourrit d’histoires : ce qui nous est arrivé, ce que nous deviendrons, l’image que les autres ont de nous. Il vit donc dans le temps psychologique, fait de regrets et d’attentes, et non dans le temps chronologique, qui sert simplement à s’organiser. L’anxiété vient de là : un mental projeté dans un avenir qui n’existe pas encore, coupé de ce qui se passe ici et maintenant.
À essayer Quand l’inquiétude monte, notez ce qui peut réellement être fait aujourd’hui, et laissez le reste de côté.
Les douleurs émotionnelles du passé ne disparaissent pas d’elles-mêmes : elles s’accumulent. Tolle appelle corps de souffrance cet ensemble, une énergie qui sommeille, puis se réveille et cherche de nouvelles occasions de souffrir, dans une dispute, une rumination, un drame. Selon lui, le combattre ne ferait que l’alimenter ; il suffit de le remarquer au moment où il s’active et de rester présent : observé sans que l’on s’identifie à lui, il ne peut plus diriger les pensées.
À essayer À la prochaine bouffée de colère ou de tristesse, sentez-la dans votre corps avant de réagir.
Pour sortir du mental, Tolle propose plusieurs portes d’accès. La plus concrète est le corps subtil, ou corps intérieur : le champ d’énergie que l’on sent en portant son attention à l’intérieur de ses mains, de ses bras, de sa poitrine. L’habiter ancre dans l’instant. La respiration, le silence ou l’espace autour de soi jouent le même rôle. Les émotions passent aussi par le corps : pour Tolle, elles sont sa réaction à une pensée, et c’est là qu’on les observe le mieux.
À essayer Fermez les yeux et sentez la vie dans vos mains pendant trente secondes.
Selon Tolle, ce qui nous fait souffrir est moins la situation que notre refus intérieur de celle-ci : c’est ce qu’il appelle la résistance. Le lâcher-prise, auquel il consacre son dernier chapitre, consiste à accepter pleinement le moment tel qu’il est. Ce n’est pas de la résignation : on peut agir ensuite, et l’on agit même mieux sans cette lutte intérieure. Il distingue ainsi la situation, qui se traite ici et maintenant, du problème, qui n’est qu’une situation ruminée par le mental.
À essayer Au prochain contretemps, acceptez-le d’abord sans commentaire, puis décidez de ce que vous allez faire.
Quand une situation vous pèse, le livre ne laisse que trois options honnêtes : la quitter, la changer ou l’accepter complètement. Tout le reste — se plaindre sans agir, ruminer, en vouloir aux autres — ajoute de la souffrance sans rien régler. L’intérêt de cette règle est de forcer un choix. Si vous restez et ne pouvez rien changer, l’acceptation devient une décision plutôt qu’un renoncement, et elle libère l’énergie que la plainte consommait.
À essayer Prenez une plainte qui revient souvent et tranchez aujourd’hui : partir, changer ou accepter.
Beaucoup de relations amoureuses oscillent entre amour et conflit parce qu’elles reposent sur un manque : on attend de l’autre qu’il comble un vide intérieur, et l’amour glisse vers la dépendance. Tolle ne propose pas de trouver le partenaire idéal, mais d’apporter de la présence dans la relation : écouter sans juger, accepter l’autre tel qu’il est, renoncer au besoin d’avoir raison. La relation devient alors un lieu d’éveil plutôt qu’une source de souffrance.
À essayer Lors de votre prochaine conversation, écoutez jusqu’au bout sans préparer votre réponse.
Les notions à connaître pour suivre le livre, chacune avec la pratique que Tolle y associe.
| Notion | Ce que c’est | Ce que propose Tolle |
|---|---|---|
| Le mental | Le flot de pensées avec lequel nous nous confondons. | L’observer en témoin ; s’en servir comme d’un outil, puis le poser. |
| L’ego | Un faux moi né de l’identification au mental, qui a besoin du passé et de l’avenir. | Revenir au présent, où il perd son emprise. |
| Le temps psychologique | Les regrets et les attentes, à distinguer du temps chronologique. | Garder le temps chronologique pour s’organiser, et vivre le reste au présent. |
| Le corps de souffrance | La douleur émotionnelle accumulée, qui se réveille et se nourrit de nouvelle souffrance. | L’observer quand il s’active, sans s’identifier à lui. |
| La résistance | Le refus intérieur de ce qui est. | Quitter la situation, la changer ou l’accepter complètement. |
| Le lâcher-prise | L’acceptation totale du moment présent. | Accepter d’abord, agir ensuite. |
| Le corps subtil | Le champ d’énergie que l’on ressent à l’intérieur du corps. | Y porter son attention pour s’ancrer dans l’instant. |
| L’Être | La vie profonde au-delà des formes. | Le retrouver quand le mental se tait : silence, espace, respiration. |
Le principe commun : observer au lieu de s’identifier. Ce que vous remarquez avec présence perd de son emprise sur vous.
Se rappeler une idée l’ancre mieux que la relire. Essayez de répondre avant de regarder.
Selon Eckhart Tolle, êtes-vous vos pensées ?
Non : vous êtes la conscience qui les observe, pas le flot de pensées lui-même.
Qu’est-ce que le corps de souffrance ?
L’accumulation des douleurs émotionnelles passées, qui se réveille et se nourrit de nouvelle souffrance.
Quelle différence Tolle fait-il entre temps chronologique et temps psychologique ?
Le premier sert à s’organiser ; le second, fait de regrets et d’attentes, nous éloigne du présent.
Face à une situation insatisfaisante, quelles sont les trois options possibles ?
La quitter, la changer ou l’accepter complètement.
Se plaindre sans rien faire ne fait qu’ajouter de la souffrance.
Gratuit dans le learner de Web Highlights, sans compte.
Oui, si vous acceptez de le lire lentement et d’essayer les exercices : ses idées centrales sont simples et il reste un classique de la spiritualité contemporaine. Si vous cherchez des preuves ou une méthode pas à pas, il risque de vous frustrer.