par Lise Bourbeau · 2000
Le livre en trois phrases
4 min de lecture · gratuit, sans compte
Le livre repose sur une grille simple : à chaque blessure correspond un masque, c’est-à-dire une personnalité de protection. Le rejet donne le fuyant, l’abandon le dépendant, l’humiliation le masochiste, la trahison le contrôlant et l’injustice le rigide. Lise Bourbeau décrit chaque masque par ses comportements typiques et par sa plus grande peur. L’enjeu, pour elle, est de reconnaître le masque quand il prend le dessus, sans se juger.
À essayer Relisez les cinq masques et notez celui qui ressemble le plus à vos réactions quand vous êtes sous tension.
Un masque se forme pour ne plus ressentir la douleur d’une blessure. Sur le moment, il remplit son rôle : le fuyant se met en retrait, le contrôlant anticipe tout, le rigide garde ses émotions pour lui. Mais pour Lise Bourbeau, cette protection entretient la blessure au lieu de la soigner. À force de réagir à travers ses masques, on s’éloigne de qui l’on est vraiment, ce que dit déjà le titre du livre.
À essayer Repensez à une réaction récente qui vous a semblé excessive et demandez-vous quelle peur elle cachait.
Selon l’auteure, chaque blessure s’éveille à une période précise de l’enfance, en lien avec l’un des parents. Le rejet vient en premier, de la conception à un an, avec le parent du même sexe. L’abandon et l’humiliation se situent entre un et trois ans, la trahison entre deux et quatre ans, l’injustice entre quatre et six ans. Ces repères appartiennent à son modèle : ils ne s’appuient pas sur des études.
À essayer Si une blessure vous parle, notez les souvenirs qui s’y rattachent, sans chercher de coupable.
Personne ne porte un seul masque. La plupart des gens ont plusieurs blessures, plus ou moins vives, et donc plusieurs masques. Lire le livre comme un test de personnalité à réponse unique serait un contresens : on peut se reconnaître à la fois dans le dépendant et dans le rigide, par exemple, avec des intensités très différentes. La grille sert à repérer ce qui domine chez soi, pas à se ranger dans une case.
À essayer Classez les cinq blessures de la plus vive à la plus discrète chez vous.
Lise Bourbeau affirme que chaque masque se lit aussi dans le corps : il aurait une morphologie typique, par exemple un corps mince et contracté chez le fuyant. C’est la partie du livre qui suscite le plus de réserves, et pour cause : aucune étude ne l’appuie, et juger quelqu’un sur son apparence mène vite à des conclusions hâtives. Les comportements et les peurs décrits pour chaque masque restent la partie la plus utile de la grille.
À essayer Si vous utilisez la grille, fiez-vous à vos réactions, jamais à l’apparence de quelqu’un.
Pour l’auteure, la clé de la guérison est l’acceptation : reconnaître ses blessures et ses masques sans se juger, en s’accordant le droit d’être humain, avec ses peurs et ses limites. Cette acceptation sert à la fois de remède et de repère. Quand on se juge moins et qu’on remarque son masque au moment où il surgit, sans se le reprocher, c’est le signe que la blessure est en voie de guérison.
À essayer Quand vous surprenez un masque en action, nommez-le intérieurement, sans vous le reprocher.
Chaque ligne associe une blessure à son masque, aux comportements qui le révèlent, à la période où elle s’éveille selon l’auteure et à sa plus grande peur.
| Blessure | Masque | Quand elle s’éveille | Plus grande peur |
|---|---|---|---|
| Le rejet | Le fuyant
| De la conception à 1 an, avec le parent du même sexe | La panique |
| L’abandon | Le dépendant
| De 1 à 3 ans, avec le parent du sexe opposé | La solitude |
| L’humiliation | Le masochiste
| De 1 à 3 ans, avec le parent qui s’occupait du développement physique, le plus souvent la mère | La liberté |
| La trahison | Le contrôlant
| De 2 à 4 ans, avec le parent du sexe opposé | La dissociation, le reniement |
| L’injustice | Le rigide
| De 4 à 6 ans, avec le parent du même sexe | La froideur |
Pour avancer : reconnaître son masque au moment où il surgit, puis s’accepter sans jugement. Pour l’auteure, c’est à la fois le remède et le signe que la guérison progresse.
Se rappeler une idée l’ancre mieux que la relire. Essayez de répondre avant de regarder.
Quelles sont les cinq blessures décrites par Lise Bourbeau ?
Le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison et l’injustice.
Pourquoi le masque ne protège-t-il pas vraiment ?
Il évite de sentir la blessure sur le moment, mais l’entretient et empêche d’être soi-même.
Porte-t-on un seul masque ?
Non : la plupart des gens ont plusieurs blessures, d’intensité variable, et donc plusieurs masques.
Quelle est la clé de la guérison selon le livre ?
Reconnaître ses blessures et les accepter sans jugement, en s’accordant le droit d’être humain.
Gratuit dans le learner de Web Highlights, sans compte.
Oui, si vous le prenez comme une grille de lecture pour réfléchir à vos réactions, et non comme un diagnostic. Il est accessible et beaucoup de lecteurs s’y reconnaissent, mais ses affirmations ne reposent sur aucune étude.